La décoration de cette maison de campagne jacobéenne réalisée par Henriette von Stockhausen réinvente la nostalgie de son passé tout en regardant vers l’avenir
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« Riche en caractère mais doux en ton », voilà comment la designer Henriette von Stockhausen de VSP Interiors décrit l’esthétique de cette maison de campagne jacobéenne nichée dans une vallée du Devon.
En pénétrant dans son hall d’entrée à double hauteur et au toit en sommet, il est difficile d’imaginer qu’il abritait autrefois des meubles dépareillés séquestrés dans un hôtel local ou que les murs rose pâle de la salle à manger avaient été endommagés par une fuite, tandis que la pierre extérieure avait noirci au fil des décennies.
Hall d’entrée (ci-dessus) : Une tapisserie est suspendue pour attirer le regard sur cet espace convivial. Papier peint Opéra, Robert Kime. Rideaux en Algiers Grey & Coral sur lin, Robert Kime; réalisé par Emma Stewart Interiors. Tapisserie, Rétrouvius. Canapé en Tissage Fez, Collection Guy Goodfellow. Chaises en sergé Straub, Claremont. Lampes, Vaughan. Nuances, Nouchka. Lampadaires, Robert Kime. Tapis, trouvé aux enchères. Coussins, VSP Intérieurs.
Aujourd’hui, la vaste échelle de l’entrée autrefois froide a été humanisée grâce à des rideaux épais, des sièges moelleux et une tapisserie aux tons doux, suspendue pour attirer le regard vers le bas, vers la disposition conviviale des sièges.
« À bien des égards, le fait d’avoir un hall d’entrée parfait a permis à toute la maison de se déployer », explique Henriette, dont l’expérience de plusieurs décennies dans les maisons de campagne lui a donné un sens aigu des dimensions. « Non seulement tout le reste en découle, mais c’est vraiment la première occasion de donner le ton au reste de la maison. »
Extérieur (à gauche) : Au cœur de la campagne du Devon, la propriété jacobéenne est située dans une vallée verdoyante et surplombe un lac. Porche (à droite) : Une carte encadrée et des rideaux généreux apportent de la chaleur aux murs en pierre et aux fenêtres à meneaux d’origine de la maison. Rideaux en Indian Pear de Robert Kime, réalisés par Emma Stewart Interiors. Sélection de coussins, Robert Kime et Nushka. Lanterne antique, Lorfords Antiques.
Le bâtiment est une résidence précieuse, entretenue avec soin pendant de nombreuses années. Naturellement, cela a apporté une touche de sentiment à la rénovation, suggère Henriette, qui a ressenti une forte résonance avec la sensibilité globale du projet. « On n’y avait pas vraiment touché depuis les années 1980. »
« Mais le cadre est très romantique ; étant dans une vallée, on a l’impression que le paysage serre la maison dans ses bras, et au lieu de jardins à la française, il y a des collines au loin. Nous avons donc voulu nous inspirer de ce sentiment que rien n’est trop forcé. Les intérieurs rendent hommage à un décor champêtre classique mais sans trop de fioritures ni de garnitures.
Ce langage de conception partagé a permis à Henriette de retravailler ces schémas de fond en comble, y compris de nouveaux travaux de plomberie et d’électricité.
Le manoir du XVIIe siècle, autrefois propriété de Sir Walter Raleigh, et réputé pour ses fenêtres à meneaux en pierre, ne pouvait pas être modifié structurellement, mais il pourrait être ramené à la vie.
Bibliothèque (ci-dessus) : Cet espace lambrissé abrite un bar avec une collection de carafes vintage. Chaises à Milano 514, Claremont. Applique murale (à droite), Lorfords Antiques. Appliques Diddling (sur bibliothèque), Robert Kime ; nuances en soie Orissa de James Hare en rose géranium; garni de soie Orissa en kaki. Canapé de style George III, Woolley & Wallis. Coussins verts en tissu ancien, Punica.
« D’un côté, il y avait un amour pour les couleurs fortes, et de l’autre, une préférence pour une palette de neutres discrètement élégantes », partage Henriette. « Nous avons donc dû trouver un équilibre. Des teintes audacieuses ont trouvé leur place dans la salle de bain et la bibliothèque, tandis que des tons délicats et des motifs doux caractérisent le reste des espaces.
Une combinaison nuancée de bleus, de roses tendres, de caramels et de terre cuite permet à l’architecture de respirer, tout en complétant les tons miellés de la pierre. Malgré cela, la rénovation a quand même obligé Henriette à guider doucement ses clients hors de leur zone de confort.
Cuisine (à gauche) : Henriette a utilisé son propre îlot de cuisine comme modèle pour celui-ci. «La base en chêne confère de la chaleur à un espace par ailleurs neutre», dit-elle. Pendentifs cloche, Howe London. Aveugle dans Field Poppy, Robert Kime. Armoires en Lime White, Farrow & Ball. Tabourets d’Ercol en teinte Vintage Red, Heal’s. Salle de bain (à droite) : Les portraits de famille au-dessus de la porte ajoutent une touche décorative. Papier peint grille en Biscuit, Robert Kime. Rideaux en soie Simla en Cygnet, James Hare. Vanité, salle de bain Porter. Miroir, conçu par VSP Interiors ; réalisé par Ken Biggs. Applique murale, Hector Finch; abat-jour brodé, Vaughan.
« Au début, il y avait beaucoup de résistance à l’idée du papier peint », explique Henriette. « Et aussi aux rideaux du hall d’entrée, car ils n’avaient jamais envisagé de le décorer comme une pièce à part entière. »
« Mais à la fin du projet, nous avions recouvert presque tous les murs. Je pense que c’est essentiel dans une maison comme celle-ci, où des murs peints simplement ne suffiraient pas, à moins que vous n’ayez une vaste collection d’art pour ajouter de l’intérêt.
Salle à manger (ci-dessus) : Le papier peint ajoute une touche d’occasion. Papier peint D-Dream, Iksel. Rideaux à Astor Venice, James Hare ; garni d’une bordure plissée Tiverton, Samuel & Sons. Chaises du Milano 525 de Claremont ; canalisé dans la double tuyauterie des Passementeries de l’ile de France, Turnell & Gigon. Lanternes, Charles Edwards. Miroir, Vagabond Antiques. Finition de la peinture sous le dado par Adrian Everitt de Bone Black.
La clé était d’opter pour un motif à petite échelle si discret qu’il introduisait la texture et le ton de manière presque subliminale, une approche qui fonctionnait particulièrement bien dans les chambres et les salles de bains. Une exception est la salle à manger, où un papier peint représentant un paysage naturaliste fantastique ajoute à la fois confiance et ampleur.
«Ça marche parce que c’est très enveloppant», explique Henriette. « De plus, c’est une œuvre d’art en soi. »
Salon (à gauche) : Des bleus doux, des roses et des coraux jouent dans le slip pour un schéma raffiné. Fond d’écran Opéra; rideaux à Tachkent, tous Robert Kime. Pouf personnalisé, VSP Interiors ; recouvert d’un tapis antique et de franges Lee Jofa, GP & J Baker. Console, Jeremy Rothman. Miroir, Lorfords Antiques. Canapé dans Old Flax Lagoon, Soane Britain. Chambre principale (à droite) : Un lit à baldaquin ancre ce grand espace. Papier peint Palm Stripe, George Spencer Designs. Lit sur mesure, Oficina Inglesa. Tête de lit en suzani. Commodes, Chelsea Textiles. Lampes, Robert Kime. Canapé ancien en Straub Twill, Claremont.
Partout, des tapis et des tissus anciens, des meubles trouvés dans des maisons de ventes aux enchères et des boiseries aux finitions crayeuses se combinent pour donner à cette maison une impression d’évolution plutôt que de décoration.
Les touches contemporaines, telles que les œuvres d’art modernes, créent un dialogue tranquille et confiant entre l’ancien et le nouveau.
Chambre (à gauche) : Le testeur de lit introduit une autre couche de texture. Papier peint Tara, Jean Monro. Tête de lit en Milano 524, Claremont. Rideau de lit en Todi, Chelsea Textiles ; garni de bordure Ogee, Samuel & Sons. Miroir, Vaughan. Tableau, Chelsea Textiles. Coussin à Hawkeswood, Teyssier. Chambre (à droite) : «Nous voulions un espace enveloppant», explique Henriette. Papier peint Cathay Parade, Nina Campbell. Rideaux en soie Simla, James Hare. Rideau de lit intérieur en Savory, Güell Lamadrid. Têtes de lit en Strie, George Spencer Designs. Tableau, Chelsea Textiles. Lampe, Vaughan
«Il s’agissait de faire ressortir le meilleur de cette maison, en mettant en relief les détails originaux comme les poutres noircies», explique Henriette.
« Mon plus grand conseil dans des cas comme celui-ci est toujours de passer à l’échelle. C’est vraiment le contraire de ce que Coco Chanel disait un jour à propos de retirer un seul accessoire avant de quitter la maison. En cas de doute, je dis toujours « ajouter ». Les espaces plus grands peuvent parfaitement s’adapter à une approche « plus c’est plus ».
Le résultat est une maison qui réinvente en douceur la nostalgie de son passé tout en regardant vers l’avenir. Le confort a été rétabli, les schémas ont été mis à jour et la chaleur – à la fois littérale et métaphorique – réintroduite. Son dernier chapitre est enfin prêt à être écrit.

